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4 min de lecture

Concevoir un kiosque utilisable un verre à la main

La commande en libre-service dans un bar n'est pas un site web. Lumière, bruit, usage à une main, pression de la file et un utilisateur qui découvre à chaque fois : ce que cela change à l'interface.

  • Design
  • UX
  • Expérience client
Kiosque client affichant la grille de sélection des boissons sur tablette

Un kiosque de bar a un profil d’utilisateurs que presque rien d’autre ne partage : chaque utilisateur découvre l’interface, la plupart sont debout, beaucoup tiennent quelque chose, la salle est sombre et bruyante, et il y a une file derrière eux.

Concevez pour cela et l’interface ne ressemble en rien à une application de commande classique. Voici ce qui change réellement.

Personne n’apprendra votre interface

Il n’y a pas de deuxième session. Pas d’accueil guidé, pas de tutoriel, pas de « vous vous y ferez ». Ce qu’un client comprend dans les deux premières secondes constitue, pour lui, la totalité de l’interface.

Conséquence pratique : le premier écran doit être la carte. Pas un écran de bienvenue, pas un sélecteur de langue, pas une arborescence de catégories. Une grille de boissons avec des visuels, immédiatement tapable. Chaque écran placé avant la carte est un écran où quelqu’un abandonne et rejoint la file humaine.

Un pouce, une main

Partez du principe que le client a un verre, un téléphone ou le manteau d’un ami dans l’autre main. Cela implique :

  • Des cibles assez grandes pour être touchées sans viser. Lumière de bar, alcool et foule mouvante ne forment pas un environnement de précision.
  • Pas de glissement, pas d’appui long, pas de balayage. Le tap est le seul geste sur lequel compter.
  • Rien d’important en haut d’un grand écran. Sur un 15 pouces mural, le tiers supérieur est hors de portée confortable pour beaucoup. Placez les actions à hauteur de pouce.
  • Pas d’état au survol, évidemment, mais surtout aucune conception qui en dépende pour être compréhensible.

Salle sombre, écran lumineux

Les salles de bar sont sombres, et un écran à pleine luminosité dans une salle sombre est un projecteur en pleine figure. Une interface sombre au contraste maîtrisé est plus confortable, se lit mieux de loin et s’intègre mieux au lieu.

Mais sombre ne veut pas dire peu contrasté. Le texte doit rester lisible pour quelqu’un aux yeux fatigués à bout de bras, ce qui suppose en pratique des caractères plus grands et un contraste de texte plus fort qu’en design de bureau. Les deux objectifs - ne pas éblouir et rester lisible - se satisfont par un fond sombre avec un texte réellement clair, pas par du gris sur gris.

Montrer ce qui est réellement disponible

Le moyen le plus rapide de perdre la confiance d’un client est de le laisser choisir ce que la machine ne peut pas faire.

Si une bouteille est vide, la boisson quitte la carte ou est visiblement marquée indisponible avant qu’il ne tape dessus. Découvrir le problème à l’étape de confirmation est bien pire que ne jamais voir l’option : il a déjà investi un effort, et il est maintenant agacé devant une file.

C’est là que les groupes d’ingrédients justifient leur place. Si vous avez déclaré vos deux marques de vodka comme interchangeables, une recette demandant de la vodka reste à la carte quelle que soit la bouteille branchée, là où un système naïf l’aurait masquée. La fonctionnalité recettes détaille la définition des groupes.

Respecter la file

La personne qui tape n’est pas votre seul utilisateur. Les quatre derrière elle le sont aussi, et leur expérience se résume à « combien de temps ça prend ».

  • Affichez la progression du service. Une jauge visible transforme une attente en attente dont on voit la fin. Un écran vide pendant 45 secondes ressemble à une panne.
  • Laissez le suivant commencer. Chaque seconde où l’interface reste bloquée pendant un service est une seconde où la file n’avance pas. Autoriser le choix suivant pendant le versement est le gain de débit le moins cher qu’un kiosque puisse offrir.
  • Échouez vite et bruyamment. En cas de problème, dites-le immédiatement plutôt que d’expirer en silence. Le pire état d’un kiosque est celui où personne ne sait s’il fonctionne.

Le multilingue sans écran de langue

Un établissement bilingue n’a pas besoin de demander. Affichez un sélecteur compact dans un coin et prenez par défaut la langue principale du lieu. Ceux qui ont besoin de l’autre trouveront un commutateur à deux lettres ; les autres ne seront jamais interrompus.

Le support des langues est inclus dans toutes les formules Cocktail-O-Matic, y compris la gratuite, précisément parce que le facturer pousserait des établissements vers une moins bonne expérience client pour des raisons commerciales.

Tester dans la vraie salle

C’est l’étape que l’on saute. Une interface validée sur un portable à un bureau est une interface testée dans les mauvaises conditions. Avant une mise en service :

  • Regardez-la dans l’éclairage réel de la salle, à la hauteur de montage prévue
  • Regardez-la à deux mètres, là où se tient la file
  • Essayez-la au niveau sonore d’une vraie soirée
  • Tendez-la à quelqu’un qui ne l’a jamais vue et ne dites strictement rien

Ce dernier test est brutal, et c’est le seul qui compte. Là où la personne hésite se trouve le vrai problème de votre interface, pas celui que vous imaginiez.

Vous pouvez faire ce test aujourd’hui : la démo en ligne sert le vrai kiosque client dans un navigateur. Mettez-la sur une tablette, emmenez-la dans votre salle et regardez quelqu’un s’en servir avant de vous engager.

Envie de voir la machine en action ?

La démo en ligne est ouverte, sans inscription : interface client et panneau admin.